membres INPACT | Vendredi 20.10.2017 | 23:42

Présentation du Taiji Quan

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Introduction

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Maître Wang Yen-nien au parc de l'Orangerie à Strasbourg (1992)

TRANQUILLE comme le TAIJI QUAN (se prononce "taï dji tchüan"). Aussi appelée Boxe de l'Ombre, du Faîte ou de l'Unité Suprême, Longue Boxe,... le Taiji Quan apparaît comme une technique millénaire de longue vie tant au sens de la préservation de l'énergie intérieure que de la sauvegarde de l'intégrité physique face à des agressions externes par l'utilisation de l'Art dit Martial : Wu Shu (Art " s'opposant à la violence "). C'est avant tout une école d'apprentissage et de patience qui fait partie des arts martiaux chinois internes (Nei Jia) .

Le Taiji Quan est un art de mouvement du corps et des énergies multiples qui l’animent. Ses bénéfices sont nombreux, mais le plus important est la « mise en conscience » du mouvement et de la sensation qu'il éveille. Le processus d'attention et de concentration associé au relâchement induisent un processus de transformation intérieure. L'effet sur le corps se situe au niveau du développement de la souplesse, de la fluidité, de la stimulation des énergies, des fluides et de la santé.

Par opposition aux techniques de méditation statique ou contemplative, le Taiji Quan est d'abord Art du Mouvement grâce à l'apprentissage au travers des sensations corporelles, de la relativité des deux notions antagonistes et complémentaires symbolisées dans la cosmogonie chinoise par le Yin et le Yang et leurs multiples applications dans la vie quotidienne.

États binaires 0 / 1, bas / haut, ombre / lumière, fraîcheur / chaleur, lourd / léger, douceur/fermeté, vide / plein, émission / réception, expansion / condensation, inspiration / expiration, vacuité / concentration, le YIN et le YANG sont les états élémentaires qui s'engendrent comme les courbes d'une sinusoïde, se repoussent et s'attirent comme les pôles d'un aimant, se déversent l'un dans l'autre comme le sable qui s'écoule d'un vase à l'autre dans un sablier. De leur alternance naît le Mouvement et la Vie, ainsi que tous les principes qu'ils engendrent.

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Saisir la queue de l'oiseau (illustrations de Patrick Vaidie)

En tant qu'Art du juste milieu, le Taiji Quan se situe au carrefour des 3 principes fondamentaux qui constituent notre être vital : physique, respiratoire et subtil. Par le travail des antagonistes qui les caractérisent : tension/détente, inspiration/expiration, vacuité/concentration, germent doucement l'Unité et la Plénitude. Ces 3 principes se caractérisent ainsi :

Physique : par la prise de conscience du centre de gravité (au sens physique et énergétique) et de l'axe de gravité entre talon et vertex. Mais aussi, par le mouvement harmonieux du corps autour de ce centre et de cet axe, recherche de la relaxation et de la détente du bassin (ceinture pelvienne), des épaules et du thorax (ceinture scapulaire), de l'abdomen (mobilité du diaphragme), du visage et des membres.

Respiratoire : par la prise de conscience et le ré apprentissage de l'acte respiratoire et l'allongement des cycles de la respiration. " La respiration se confond avec l'action".

Subtil : par la participation active du mental et de l'esprit dans l'ensemble du système physique et respiratoire ; la prise de conscience de soi et de son expression dans le geste, l'attitude et les sphères émotionnelles et spirituelles.

Par l'étude régulière, du physique au subtil, c'est une lente alchimie qui transforme le corps (Xing) la pensée et l'esprit (Shen). Peu à peu, les sensations s'affinent, la chaleur apparaît, les articulations se relâchent, les souffles se mettent en mouvement, le mental s'apaise et l'esprit s'emplit. Alors, la perception de l'environnement s'intensifie, l'attention se développe et la sensibilité s'affine. La respiration rythme les flux du corps et de la pensée qui coulent de concert comme un fleuve puissant, souple et régulier.

"Par la connaissance acquise par le corps (Ti Yen), l'Esprit devient plus lucide" : telle pourrait être une définition du Taiji Quan.

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Les origines

Les origines de "l'Art du Poing Chinois" se perdent dans la nuit des temps. Il puise ses sources dans la médecine extrême-orientale traditionnelle et dans la sagesse chinoise.

Le Tai Chi Chuan (Taiji quan), le Hsing I Chuan (Xingyi Quan) et le Pakua Chuan (Bagua Quan) font partie des arts martiaux Chinois internes (nei chia). Ils sont considérés comme souples, en contraste avec les arts martiaux externes (wai chia) considérés comme des styles durs (Kung fu). Après être resté longtemps caché ou secret, le Tai Chi Chuan est devenu, depuis le 19ème siècle, le plus connu et le plus répandu d'entre eux.

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La pratique

Toute école classique de Taiji Quan développe plusieurs axes de travail qui, associés, forment une pratique complète et harmonieuse :

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Maître Wang - Démonstration de tuishou

Nous nous sommes efforcés de construire les rubriques du site dans le respect de ces axes de travail fondamentaux : ainsi, ceux-ci sont-ils exposés de manière plus détaillée dans la rubrique "activités", ainsi que dans les forums thématiques où une rubrique spécifique est consacrée à chacun d'entre eux (Note du Webmaster).

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Points de repère pour une pratique juste : "Être tranquille comme le Taiji Quan"

La tenue vestimentaire et l'attitude

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Nos amis chinoix de Taiwan en démonstration (Festival de 1995)

La tenue vestimentaire sera légère, ample, en fibres naturelles. Si l'habit ne fait pas le moine, il n'en est pas moins la parure de l'âme. Les pieds pourront être nus (si le sol est accueillant et non froid) ou protégés par des chaussons souples à semelles plates, sans voûte plantaire pour s'isoler et se protéger du sol.

L’attitude est simple : quand vous vous préparez à pratiquez, franchissez le « seuil », posez votre quotidien, vos fardeaux, sur le pas de la porte et laissez vous aller à la pratique sans penser à rien d’autre. « devenez la pratique ».

Et plus votre fardeau sera lourd, plus légers vous deviendrez si vous pensez à le déposer de temps en temps pour pratiquer.

Les trois plans

"L’homme est le résultat des émanations du ciel et de la terre" :

Le corps est le lieu de la vie et des sensations, le siège de l’être et le temple de l'esprit. Chacune des milliards de cellules qui nous composent sont le reflet de l'image du cosmos ;

La respiration alimente la vie. Elle est aussi l'expression la plus tangible du rythme et est . étroitement liée aux émotions ;

L'intention est l'expression du coeur: l'envie, le désir de faire. Pour conduire toute entreprise, ne faut il pas "avoir le coeur à l'ouvrage" ?

La respiration

Elle est le rythme le plus tangible et le facilement appréhendable. La respiration suit étroitement le rythme de nos activités et de nos émotions. Elle se met au diapason du rythme cardiaque. Dans une respiration normale, on compte généralement une respiration complète pour cinq pulsations cardiaques. Dans la pratique, la respiration suit le mouvement, comme son ombre: plus le mouvement est lent, plus la respiration est lente. Dans le cadre d'une pratique moyenne on peut compter cinq respirations par minute.

Avoir une respiration régulière, profonde, calme. La longueur de l'expir égale celle de l'inspir. Ne jamais bloquer ou contenir la respiration. L'expir suscite, nourrit naturellement l'inspir et réciproquement. La respiration porte le mouvement comme la mer le bateau. Le rythme respiratoire reste dans les limites de chacun: il ne doit jamais devenir oppressant ni accélérer le rythme cardiaque.

La respiration est celle de "printemps": l'inspir se fait par le nez, la langue collée contre le palais supérieur derrière les incisives supérieures. L'expir se fait par la bouche légèrement entr'ouverte, la langue s'abaisse. Ne pas contraindre la respiration en serrant la gorge: celle ci doit être parfaitement relâchée. Le son « aaa » s’exprime naturellement.

L'esprit est détendu et disponible, en éveil: les pensées sont apaisées. Seul compte l'attention tranquille sur le déroulement du mouvement.

La posture

Ce qui caractérise l'homme de toute autre créature c'est la verticalité, c'est à dire sa capacité à vaincre la gravité et ainsi à se situer comme intermédiaire entre la terre et le ciel. Cette verticalité s’élabore depuis l’appui des pieds au sol jusqu’au regard qui se porte à l’horizon.

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Maître Wang - La posture de base (Stage de Strasbourg en 1986)

Haut et bas : le corps est à la fois relâché et suspendu dans l'espace. Enracinement à la terre par l'intermédiaire des talons (à l'aplomb des malléoles des chevilles). Suspendu au ciel par le sommet de la tête (le vertex: point le plus haut du crâne).

L'axe : aligner les trois centres (dantien, plexus solaire et 3ème oeil : hypophyse) pour unir matière (le corps physique), rythme (la respiration, l'énergétique interne) et vibration subtile (l'esprit, l'intention). Les trois centres sont : le dantien, le plexus solaire, le 3ème oeil : glandes pinéale, pituitaire (hypophyse/épiphyse). Cet alignement assure une grande stabilité. "l'homme véritable respire avec les talons".

Les plans horizontaux : plante des pieds, ombilic, plexus solaire, yeux.

Former la croix : entre l'axe vertical d'alignement et le plan horizontal du regard.

Les arcs croisés : en bas à gauche, en haut à droite et réciproquement sont liés. À l'identique, droite et gauche sont liés dans les plans horizontaux. Y introduire une polarité vide/plein, c'est activer les circuits énergétiques et générer une grande chaleur intérieure.

La posture de base :

Dans la répartition du poids du corps, deux situations majeures peuvent se présenter :

  1. La double lourdeur : le poids est réparti de façon uniforme sur les deux pieds. Les axes de gravité passent à l'aplomb des malléoles des chevilles (à l'avant des talons) ;
  2. La séparation du poids entre l'arrière et l'avant : obéit à des lois comparables à la répartition du poids entre le talon et les orteils: celle des 2/3, 1/3. On observe ici une position de préparation et une position d'expression.

En phase de préparation, le poids est positionné sur le pied arrière et la ligne de gravité passe par l'avant du talon à l'aplomb des malléoles de la cheville. Le pied avant est léger, le talon est posé au sol.

En phase d'expression, la pression est portée sur le talon arrière, le corps se redresse, le pied avant conduit cette pression vers le bol du pied, au point dit de la source bouillonnante, et conduit une force qui remonte et vient rejoindre celle de la jambe arrière au périnée pour remonter le long de la colonne vertébrale en étant conduite par le sacrum.

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Le T'SAI - Maître Wang au parc de l'Orangerie à Strasbourg (1986)

Le mouvement

"Dans l'immobilité, rechercher le mouvement, dans le mouvement rechercher l'immobilité".

Ce qui caractérise la vie c'est le mouvement. Favoriser la vie pour éveiller l'homme. Le mouvement prend sa source dans le rythme et les énergies qui nous animent.

Bien exécuter un geste, c'est réaliser l'image intérieure très précise du mouvement qui le lie à l'émotion. L'émotion permet d'encrer en nous les racines de notre propre transformation.

Si l'aplomb statique obéit aux règles énoncées ci-dessus, le déplacement obéit lui à des règles plus subtiles et complexes. En effet,le déplacement se fait grâce à la propulsion: le pied prend contact avec le sol par le talon, se déroule du talon aux orteils et se propulse grâce à l'action globale de la souple mobilité des multiples articulations du pied.

Pendant la pratique de la forme

Pas de tension, mais rester en éveil, en écoute intérieure : "faire attention et tendre l’oreille".

Evacuer toute tension inutile. Respirer calmement : quand le corps est au repos, l'intérieur entre en mouvement. A l'inverse, quand l'intérieur est calme et apaisé, le corps se meut avec puissance et harmonie.

Le corps ne peut être tendu en permanence: comme l'arc qui tend la corde il va se détendre et perdre sa puissance et sa tonicité. A l'inverse un relâchement permanent va introduire indolence, mollesse. La vie est alternance entre ces états.

Le mouvement est donc nécessaire pour nourrir la vie et la fortifier: comme l’eau stagnante dans un bassin, il suffit d'introduire un mince filet d'eau d'entrée et d'ouvrir une sortie pour permettre sa purification progressive. La vie est une circulation permanente de l'ensemble des éléments physiques, vibratoires et subtils qui l'animent: prendre et donner; étendre et relâcher, inspirer et expirer; exprimer et absorber; agir et recevoir; concentration et vacuité, sont quelques états opposés et complémentaires qui caractérisent le mouvement de la vie.

La pratique en groupe

Chacun apporte au groupe la contribution de son propre travail et la qualité d’attention qu’il y apporte. En échange, le groupe protège l’individu et l’aide à une meilleure découverte de sa propre pratique.

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Apprendre / enseigner

Seul le pratiquant est détenteur de sa pratique, mais il lui est nécessaire de s'engager et de s'investir individuellement. L'attitude intérieure est confiante, détendue, à l'écoute de soi et de son environnement.

Chacun est l'artisan de sa santé et de son bonheur. L’on récolte aujourd'hui la moisson d'hier et l’on sème le grain de demain.

Le taiji quan est un outil qui permet d’agir sur nos sphères physiques, émotionnelles et spirituelles.

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Maître Wang avec nos amis américains Robert politzer et Scott Rodell - Premier stage du collège des enseignants à Yuchi (Taiwan, 1991)

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La dimension mentale et émotionnelle : mise en conscience

L'attention, c'est l'importance que l'on accorde aux choses. C'est le premier acte indispensable au passage du seuil de la pratique. L'attention focalisée sur l'étude développe la capacité de concentration. Celle-ci devient alors active, comme la lumière au travers de la loupe forme un faisceau capable de faire naître le feu. L'étude du détail prépare la synthèse du tout.

S’attacher à travailler le geste juste du taiji quan est une façon de retrouver son instinct pour faire jaillir le spontané. Mais aussi, savoir écouter sans être habité par le doute: accepter d'être corrigé sans trouver l'excuse ou la justification. Accepter, simplement.

En effet l’être évolue en fonction de l’attitude en relation avec les évènements. Ainsi chaque acte ou pensée positive se superposera aux précédents et contribuera à une transformation bénéfique de l’être.

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La dimension spirituelle

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Bouddha enfant en sommeil - Photo © Christian Bernapel


Aborder la dimension spirituelle du taiji quan nécessiterait une longue présentation. C'est pourtant un aspect qui suscite des questions pour certains. Nous l'aborderons ici en raccourci.


Le taiji quan est une discipline qui s'inspire du courant taoïste. Comment pouvons nous situer notre recherche spirituelle d'occidental dans une discipline orientale?


La réponse est simple: il n'y a aucune incompatibilité entre quelque conviction religieuse que ce soit et le taiji quan. Le taiji quan est une recherche vers l'unité du corps et de l'esprit. Cette conception est universelle et commune à toute spiritualité. Elle ne peut donc que nous aider dans nos recherches individuelles.

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En conclusion

Force est de constater la valeur de ce qu’apporte l'apaisement lié à la pratique. Par cet apaisement, la quiétude nous fait toucher le vécu de l'unité. Nos pensées se retrouvent identifiées à la vie intrinsèque de nos cellules: le vécu de cette unité indissociable devient l'affaire intime de chacun. L'identité à son propre centrage.

"Si vous désirez santé et longue vie, évitez tout excès, ne soyez extrémistes en rien... Ainsi, lorsque vous serez passé au delà des sphères mortelles par les délices de l'extase, revenez à vous, cherchez le repos et jouissez des plaisirs que la vie offre au sage, mais ne vous y abandonnez pas trop librement... Qu'il n'y ait sur ce point aucun malentendu! Pour vaincre un ennemi, vous ne devez pas le fuir; la victoire véritable ne peut venir qu'après que vous l'ayez rencontré face à face, en l'affrontant au combat et en montrant ainsi votre suprématie."

"Par la détente on obtient le silence intérieur, le silence engendre la compréhension, la compréhension engendre la sagesse"

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Vendredi 20.10.2017 - 23:42 | 1 connecté | 81929 visiteurs | Mise à jour le 20.10.2017
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