membres INPACT | Dimanche 19.08.2018 | 17:38

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Sophie Fricker

Éditorial

TAÏWAN, DÉCEMBRE 2017

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Extrême Orient—longtemps pour moi inaccessible et chatoyante, une terre de romans et de brumes, de montagnes ; le tracé délicat des estampes, le silence idéal, l’infinie délicatesse des sons et des gestes, des traits.

Au printemps 2017, dans l’éblouissement de l’été à venir, tout est devenu possible, c’était peut-être là le bon moment. Une idée d’abord, une réalité petit à petit, jusqu’à tenir dans ma main étonnée un billet pour Taipei, l’aboutissement de mille rus en un ruisseau, au début du mois de juillet. Cette perspective irréelle et extraordinaire a éclairé les grandes vacances, les paysages de granite scandinaves, puis bretons, la torpeur ardéchoise et bourguignonne. Elle a éclairé les jours sombres de ciel bas, les jours monotones de labeur, mes « travaux forcés ».

Ma présence aux cours de taiji est devenue une forme de préparation, une longue anticipation de la pratique taïwanaise. Un printemps, un été, un automne de grâce.

Et puis, le 30 novembre 2017, le départ, joyeux et léger, par les campagnes givrées brossées par le son métallique du train trop rapide, qui file. Regarder encore des plans, des cartes de lieux qui n’existent encore qu’en pensées, que je découvrirai dans quelques heures. Roissy, c’est déjà quitter terre, se retrouver dans un terminal, au bord d’un fleuve, d’un gouffre, la fin du sol. Amusée comme un enfant de monter dans l’avion, étonnée par cette possibilité incongrue de voler à 10 kilomètres de la terre, de décoller enfin après les longues manœuvres des dégivreuses, spectacle surnaturel dans la nuit glacée. Survoler des pays que l’on voudrait tant découvrir, la Pologne, la Russie, la Mongolie dans un demi-sommeil ; oui, ne pas même entr’apercevoir la Mongolie, tous volets fermés, y rêver seulement.
Laisser entrer le jour dans la cabine, enfin, alors que le temps est aboli, que mon corps ne reconnaît ni jour, ni nuit, et découvrir la Chine continentale sous un soleil éclatant, des montagnes, le dessin parfait des rivières, puis la mer au loin ; la descente sur Hong-Kong, un microcosme affairé enserré entre les montagnes au profil net, la vanité de l’Homme ainsi résumée. La fatigue se fait sentir, mais le bonheur est à son comble, sur la pointe de ses pieds, malgré tout. A son comble, pensais-je, sans savoir tout ce qui allait venir.

Voilà Taipei, un aéroport comme mille autres, mais une sensation d’ailleurs par le biais des odeurs, de la langue, des idéogrammes indéchiffrables. Une longue attente pour les formalités douanières, les bagages, et, immédiatement, deux spécificités locales : l’organisation sans faille de chaque déplacement, qui rend la foule fluide, et la grande gentillesse de chacun, prêt à conseiller les voyageurs égarés. Des sourires, lorsque les mots manquent, la grande humanité, sans rien attendre en retour. Une belle leçon pour les occidentaux, souvent engoncés dans leur méfiance et leur suffisance.

Le gigantisme de Taipei, vu du MRT (métro) qui relie l’aéroport au centre de la ville. Dans la nuit tombée, ce sont des bretelles d’autoroutes qui se croisent, se superposent, les lumières, à l’infini, tout un nouveau monde qui se déploie, une véritable fourmilière. Dans les interstices, des vestiges de nature assez surprenants, des arbres qui tentent tant bien que mal de se faire une place...

Un taxi jaune, au bout de la fatigue, le bonheur qui continue de se répandre en moi, doucement. Traverser une partie de cette ville inconnue de nuit, pour arriver à l’hôtel, d’un luxe irréel et feutré, le confort que l’on croit essentiel et que l’on veut bien payer, le confort dont tant sont dénués, je l’apprécie ce soir-là, tout en pensant à la chance qui est la mienne. Rencontre avec George Lin, en coup de vent, dans le lobby de l’hôtel—un homme charmant et imposant, aux yeux espiègles d’enfant.

Dormir à Formose, je sombre dans le sommeil en ce premier soir avec cette pensée diaprée, séparée de mon pays par plus de 10 000 kilomètres. Il y a quelques dizaines d’années, il fallait des mois pour parcourir cette distance. Ah, venir en paquebot, avoir le temps de la lenteur…

Lukang. C’est le premier contact avec les pratiquants locaux, leur organisation souvent quasi-militaire, le protocole, les fleurs artificielles, les diplômes, les cadeaux, la tournée des tables à tour de rôle, verre levé. La découverte d’un centre-ville charmant, avec des lanternes rouges au-dessus des rues, les trottoirs couverts à cause des pluies d’été diluviennes. La succession improbable du moderne, des franchises américaines et des échoppes tout droit sorties du « Lotus Bleu ». Et les temples, les impressionnants temples, petits et grands, jusqu’au fond du hangar d’un réparateur de voitures… Notre expression « les marchands du temple » est bien mise à mal : que dire des supermarchés qui les jouxtent sans complexe ? Le pragmatisme taïwanais… Et la cohabitation de Taoïsme, du Bouddhisme, du Confucianisme, sous le même toit ! Les dieux, les offrandes incroyables, le baroque, les couleurs, jaune, rouge, doré, l’encens qui brûle, la ferveur de ceux qui viennent prier. Devant les temples, les fourneaux pour brûler les faux billets offerts sur les autels !

Une journée absolument magique d’excursion à Sun Moon Lake ; le trajet dans un bus décoré de rideaux à pompons et de fleurs artificielles, comme tous les autres bus. Les cadeaux, les petites attentions de nos hôtes, les bonbons au goût étrange, le thé, les champignons croustillants séchés et salés pendant le voyage. Les paysages de montagnes abruptes, la nature luxuriante, les arbres qui ne perdent jamais leurs feuilles, palmiers, bambous, résineux et feuillus mêlés. Traverser ces paysages en chantant « Il était un petit navire… » pour nos amis taïwanais !

L’été en hiver toute cette inoubliable journée, un soleil intense sur l’eau, sur les temples que nous avons visités. Au loin, les montagnes embrumées. Taïwan entre dans mon cœur. A l’heure du déjeuner, nous picorons dans une rue commerçante, nous découvrons avec délices la cuisine de rue. Près de l’embarcadère, nous parlons tous la même langue pour quelques instants, le temps d’un Premier Duan en commun. Encore un moment unique. Nos hôtes nous ont fait la surprise d’une petite croisière sur le lac ; là aussi, nous apprenons à vivre sans savoir ce que la minute à venir nous réserve, ce qui est vrai du restant de notre séjour, comme des poupées russes que l’on découvre au fur et à mesure.

De retour à Taipei, c’est le rituel de la pratique du matin avec George Lin et son groupe, dès 6h30. On traverse les rues désertes, croisant çà et là les marchands de journaux qui trient leurs liasses, les premiers commerçants qui ouvrent leurs boutiques, quelques scooters seulement. Rien à voir avec le bourdonnement assourdissant qui nous accompagne à notre retour à l’hôtel, un peu plus tard. Côte à côte au bord de l’eau, des danseurs, des sportifs, chacun sur son terrain délimité, souriants et matinaux. Sous les arbres à lianes, les élèves de George s’affairent avant que le groupe se forme. Balayage quotidien du terrain, puis exercices scandés par la voix du maître. Chacun vient comme il est. Les jours de pluie, un pratiquant faisait tous les exercices et les Duans en bottes en caoutchouc ! George nous corrige, nous explique sa version des exercices. Puis on nous offre le thé, des gâteaux, des cacahouètes. Les plus avancés enchaînent sur l’épée ou l’éventail. Puis chacun va vaquer à ses occupations. Je pratique maintenant avec cela dans le cœur. Je nous trouve bien paresseux et revendicateurs en comparaison. Qui en France se lèverait ainsi aux aurores chaque matin ? Le respect dû au maître m’a impressionnée, ainsi que l’esprit industrieux de ses élèves, même les plus âgés. Une adorable petite dame, haute comme trois pommes, est allée au bout du Troisième Duan sans faiblir, avant de repartir avec sa canne.

Le reste des journées a été consacré (après des petits déjeuners d’anthologie à l’hôtel), pour nous, aux visites, les unes les plus mémorables que les autres : Beitou et ses sources chaudes soufrées dans la montagne, Maokong, (au bout du plus exceptionnel téléphérique qu’il m’ait été donné de prendre, 25 minutes au-dessus des cimes des arbres, des temples) et les plantations de thé, le Musée du Palais naturellement, et tout ce que l’on découvre à chaque coin de rue. Plusieurs fois, nous nous sommes fait masser par des mains expertes, les pieds, puis le corps entier (jusqu’à s’endormir !), avant d’essayer les ventouses sous l’œil incrédule des masseurs. Nous avons mangé des plats délicieux, aussi bien dans la rue, sur des tables en plastique, que dans les salons savamment aménagés de lieux idylliques, d’un autre temps. Nous nous sommes perdus, souvent, déconcertés par le quadrillage des rues, sans points de repère. Mais se perdre, c’est un peu trouver autre chose, comme voyager, c’est se re-trouver ailleurs.

Bien trop vite, nous nous sommes retrouvés dans un taxi filant au petit matin vers l’aéroport, regardant une fois encore, les fantastiques lumières de la ville. Regardant une fois encore, mais certainement pas la dernière fois.

Sophie Fricker, membre de l’INPACT à Strasbourg

Écrit par Sophie Fricker Le 15.01.2018 à 20:07'07

Christian

Éditorial

Éditorial de rentrée

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L’Esprit du Geste accompagne l’enseignement traditionnel du Taiji quan et du geste que nous proposons à l’INPACT depuis sa création en 1983.

Ces mots nous relient à la source du geste juste, qui le fait esprit.
Un patrimoine dont l’approfondissement patient permet un accès à la profondeur de l’être, et à la conscience que le corps est le temple de l’esprit.

Ils sont aussi un hommage à Maître Wang Yen-Nien, qui a suscité la possibilité de transmettre, au travers des temps, l’Esprit du Geste.

Cette nouvelle identité visuelle va peu à peu modifier le visage du site de L’INPACT et intègre les différents lieux où est transmis l’Esprit du geste : Strasbourg, Ernolsheim sur Bruche et Bernardswiller.

Pour saluer cette évolution, je vous propose une approche d’un geste qui nous est familier puisqu’il ponctue chaque déroulement de nos formes : « embrasser le tigre et le rendre à la montagne » [http://www.inpact-taiji.com/evolution/autresDocs/2016EmbrasserLeTigre.pdf].

Je vous souhaite une heureuse et joyeuse pratique.

Christian Bernapel
Octobre 2016.

Image introuvable


Télécharger le flyer : http://www.inpact-taiji.com/evolution/autresDocs/2016EspritDuGesteFlyer.pdf

Écrit par Christian Le 11.10.2016 à 13:16'56
Modifié par Christian Le 11.10.2016 à 14:22'45

Sophie

Éditorial

Rencontre de l’Amicale

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Yangjia Michuan Taijiquan
Rencontre de l’Amicale
Annecy, du 7 au 11 novembre 2015

C’est dans un cadre enchanteur de montagnes, de bois et d’eau que se sont retrouvées 215 personnes pour quelques jours hors du temps. L’INPACT était représenté par Christian, Alphonse, Élisabeth, Sandrine et Sophie cette année.

Les journées ont toutes commencé par un éveil matinal pour les courageux avec vue splendide sur le lac et le soleil levant. Ensuite, quatre ateliers ont rythmé nos journées : deux le matin, deux l’après-midi. Des thèmes variés ont été abordés, de la « tête suspendue » au Nei Gong, en passant par l’épée et les Duan. L’invité des rencontres, Lauren Smith, nous a fait découvrir des angles inédits et intéressants de notre pratique, notamment de Tui Shou.

Une visite guidée de la vieille ville d’Annecy était également au programme, nous faisant découvrir notamment l’ancienne prison et le château-musée. A la fin du séjour, nous avons eu l’honneur d’être invités à une belle soirée festive, avec spectacle d’improvisation, apéritif, dîner et soirée dansante.

Une fois encore, de très belles journées, le soleil sur nos nuques et dans nos cœurs, les montagnes dans la lumière du couchant, les étoiles dans un ciel pur la nuit. À présent que les paillettes sont retombées, nous attendons les prochaines rencontres à Houlgate près de Caen, en 2016.

Sophie Fricker,
Secrétaire de l'INpact.

Écrit par Sophie Le 07.12.2015 à 07:16'33

admin

Éditorial

Rencontre de l’Amicale de Yangjia Michuan Taijiqua

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Rencontre de l’Amicale de Yangjia Michuan Taijiquan à Annecy, 7-11 novembre 2015

personnes pour quelques jours hors du temps. L’INPACT était représenté par Christian, Alphonse,

Elisabeth, Sandrine et Sophie cette année.

splendide sur le lac et le soleil levant. Ensuite, quatre ateliers ont rythmé nos journées, deux le matin,

deux l’après-midi. Des thèmes variés ont été abordés, de la « tête suspendue » au Nei Gong, en

passant par l’épée et les Duan. L’invité des rencontres, Lauren Smith, nous a fait découvrir des angles

inédits et intéressants de notre pratique, notamment de Tui Shou.

découvrir notamment l’ancienne prison et le château-musée. A la fin du séjour, nous avons eu

l’honneur d’être invités à une belle soirée festive, avec spectacle d’improvisation, apéritif, dîner et

soirée dansante.

montagnes dans la lumière du couchant, les étoiles dans un ciel pur la nuit. A présent que les

paillettes sont retombées, nous attendons les prochaines rencontres à Houlgate près de Caen, en

2016

Écrit par admin Le 07.12.2015 à 07:12'20

Christian Bernapel

Éditorial

En cette période de rentrée 2015 de l’INPACT

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La forme des “Treize Postures” – Shisan Shi

A été transmise par Maître Wang Yen-nien comme un apprentissage préalable des principes fondateurs Taiji quan, dont ils sont à la fois origine et aboutissement.

Elle permet d’accéder à l’univers des sens et à celui de l'imaginaire qui résonne par les subtiles évocations à la fois poétiques et martiales de leurs trois séquences. Derrière son apparente simplicité, cette forme didactique et synthétique est une ressource référente qui nous accompagne tout au long de notre parcours de pratiquant comme un trésor inestimable, ouvrant la porte aux dimensions intérieures de notre être profond, par le geste, la respiration et l’esprit.

Ce carnet sur les 13 postures complète l’ouvrage édité depuis 1991:
“Taiji Quan–pratique et enseignement des Huit Portes et des Treize Postures”

Image introuvable


Consulter la version en ligne du carnet : http://www.inpact-taiji.com/evolution/autresDocs/2015Carnet13Postures.pdf

A la fois synthétique, pragmatique et évocateur, par le texte et l’image, il suscite l’éveil du pratiquant au monde intérieur des sensations et des archétypes portés par la symbolique des noms des séquences et de leurs énergies respectives.
Il sensibilise le pratiquant à une perception affinée de l'espace, entre ciel et terre dans les 8 orients, révélateurs de son propre centre et propose une mise en conscience des principes fondateurs du Taiji quan vers l’éveil de l'être en tant qu’émanation des “énergies du ciel et de la terre”.

Je vous souhaite bonne pratique et vous donne rendez vous aux cours qui reprennent mardi 8 septembre à l’INPACT et la semaine prochaine à Ernolsheim et à Bernardswiller.

Bien à tous,

Christian Bernapel.

Écrit par Christian Bernapel Le 08.09.2015 à 14:10'57
Modifié par admin Le 24.09.2015 à 00:13'52

admin

Éditorial

Les Treize Postures

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Shi-san Shi

Bien au delà des interrogations sur ses origines, ces « Treize » ont une résonance toute particulière dans notre pratique et l’usage que chacun peut en faire dans la découverte des fondamentaux et leur perfectionnement.

À la fois introduction, synthèse et conclusion, c’est une « Forme » parfaite, autant scellée qu’ouverte. Chacun peut l’emplir et la peaufiner à sa façon. Archétype référent d’une progression.

De cette multitude, réunie dans l’unité d’une forme devenant contenant, résonnent
peu à peu les potentiels cachés du Taiji quan, du Yangjia michuan, de la magie du geste rendu conscient. Un espace parcouru méthodiquement, lentement, en grâce et en gravité, qui révèle peu à peu un volume, sa densité et la conscience de celui qui l’investit. Un espace qui prend forme par son centre, dans le bassin, posé et mobile entre haut et bas, alternant redressement et relâchement oscillant dans l’énergie prégnante et invisible de la gravité.

Une forme unique par ses symétries qui explore l’horizon des quatre orients et leur centre. Les gestes lents de trois séquences, répétées à droite et à gauche, devant et derrière, structurant méthodiquement la compréhension du geste et de l’espace que l’on délimite, franchit , dépasse et réintègre.

Huit potentiels : l’essence du Taiji, quatre directions complémentaires: droite et
gauche, devant et derrière. L’espace se crée peu à peu, tout autour de soi, comme un cocon qui se tisse. Entre ciel et terre, le centre tourne, s’élève et s’abaisse, créant des spirales ascendantes et descendantes comme le sceptre du caducée. L’essence des treize postures apparaît. Quelle merveille !

Trois séquences décrites dans les quatre orients et leurs diagonales entre ciel et
terre. Une dernière, comme un geste de majesté, qui englobe et conclut.

La première construit l’espace en une bulle protectrice : en haut, en bas, tout autour de soi : conscience de l’espace entre chaque orient par la rotation attentive. Dans chacun des orients est créée méthodiquement sa propre sphère : quatre deviennent une.

Découverte des 3 premiers potentiels dans la chanson des allégories: « saisir la queue de l’oiseau – lan qiao wei et fermeture apparente – ru feng si bi ».

En premier « peng » l’axe centré contient et exprime. L’on pare, se protège, absorbe, délimite, repousse. Potentiel contenu en chaque autre, dans son vide et dans son plein.

Puis apparaît « lu » : qui tourne autour de soi et protège le centre en spirales
montantes et descendantes. Découverte de la gravité et du redressement.

En troisième « an » : une façon de consolider par l’intérieur un espace délimité sans le dépasser.

La seconde franchit l’espace délimité, la découverte de l’inconnu qui apparaît, musique intérieure née de l’archet qui frotte la corde : aller et venir entre le bas et le haut. La spirale encore.

En premier « tsai » qui cueille, déracine, s’insinue et perce l’espace délimité.

Puis « an, lu et peng » dans une composition magistrale qui « brosse le genou – lou xi ao bu et joue du pipa - hui pipa». Les premiers pas apparaissent : le premier avance résolument le second pivote et recule en tournant.

La troisième perce encore l’espace, avance, puis bat en retraite dans une complémentarité qui s’accorde l’une à l’autre. L’un avance, l’autre recule et réciproquement: l’apprentissage de l’accord dans une danse martiale entre conquérir et battre en retraite. Les huit portes et techniques, « Ba fa », s’accordent et se complètent à l’unisson.

En premier « tsai » encore, qui ponctue les rotations.

Puis « lié » qui déstructure et brise, et « dzo - kao » qui s’avancent en duo, à la conquête, brisent et bousculent.

Leurs alter égos « « peng, lu, an » qui contiennent et battent en retraite ingénieusement, par deux fois, en pas sinueux, devant l’invasion.

Enfin « dji » qui conclut et scelle, conjuguant les qualités de « peng et an » .

La dernière embrasse le tigre et le re-conduit à la montagne « Bao hu gui shan »!

Elle retourne à l’origine comme le livre que l’on referme pour se retrouver soi même.

Dans un tout qui unit l’intérieur et l’extérieur, l’espace délimité se libère.

Apparaît « Wuji » la plénitude sereine.

La perle des perles !

Treize portes ouvertes l’une après l’autre, dans les orients de l’espace.

Peut être n’allez vous plus les parcourir comme avant ...

Christian Bernapel

www.inpact-taiji.com

Écrit par admin Le 11.01.2015 à 22:25'35
Modifié par Christian Bernapel Le 01.09.2015 à 22:53'54

admin

Éditorial

Les Treize Postures

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Shi-san Shi

Bien au delà des interrogations sur ses origines, ces « Treize » ont une résonance toute particulière dans notre pratique et l’usage que chacun peut en faire dans la découverte des fondamentaux et leur perfectionnement.

À la fois introduction, synthèse et conclusion, c’est une « Forme » parfaite, autant scellée qu’ouverte. Chacun peut l’emplir et la peaufiner à sa façon. Archétype référent d’une progression.

De cette multitude, réunie dans l’unité d’une forme devenant contenant, résonnent
peu à peu les potentiels cachés du Taiji quan, du Yangjia michuan, de la magie du geste rendu conscient. Un espace parcouru méthodiquement, lentement, en grâce et en gravité, qui révèle peu à peu un volume, sa densité et la conscience de celui qui l’investit. Un espace qui prend forme par son centre, dans le bassin, posé et mobile entre haut et bas, alternant redressement et relâchement oscillant dans l’énergie prégnante et invisible de la gravité.

Une forme unique par ses symétries qui explore l’horizon des quatre orients et leur centre. Les gestes lents de trois séquences, répétées à droite et à gauche, devant et derrière, structurant méthodiquement la compréhension du geste et de l’espace que l’on délimite, franchit , dépasse et réintègre.

Huit potentiels : l’essence du Taiji, quatre directions complémentaires: droite et
gauche, devant et derrière. L’espace se crée peu à peu, tout autour de soi, comme un cocon qui se tisse. Entre ciel et terre, le centre tourne, s’élève et s’abaisse, créant des spirales ascendantes et descendantes comme le sceptre du caducée. L’essence des treize postures apparaît. Quelle merveille !

Trois séquences décrites dans les quatre orients et leurs diagonales entre ciel et
terre. Une dernière, comme un geste de majesté, qui englobe et conclut.

La première construit l’espace en une bulle protectrice : en haut, en bas, tout autour de soi : conscience de l’espace entre chaque orient par la rotation attentive. Dans chacun des orients est créée méthodiquement sa propre sphère : quatre deviennent une.

Découverte des 3 premiers potentiels dans la chanson des allégories: « saisir la queue de l’oiseau – lan qiao wei et fermeture apparente – ru feng si bi ».

En premier « peng » l’axe centré contient et exprime. L’on pare, se protège, absorbe, délimite, repousse. Potentiel contenu en chaque autre, dans son vide et dans son plein.

Puis apparaît « lu » : qui tourne autour de soi et protège le centre en spirales
montantes et descendantes. Découverte de la gravité et du redressement.

En troisième « an » : une façon de consolider par l’intérieur un espace délimité sans le dépasser.

La seconde franchit l’espace délimité, la découverte de l’inconnu qui apparaît, musique intérieure née de l’archet qui frotte la corde : aller et venir entre le bas et le haut. La spirale encore.

En premier « tsai » qui cueille, déracine, s’insinue et perce l’espace délimité.

Puis « an, lu et peng » dans une composition magistrale qui « brosse le genou – lou xi ao bu et joue du pipa - hui pipa». Les premiers pas apparaissent : le premier avance résolument le second pivote et recule en tournant.

La troisième perce encore l’espace, avance, puis bat en retraite dans une complémentarité qui s’accorde l’une à l’autre. L’un avance, l’autre recule et réciproquement: l’apprentissage de l’accord dans une danse martiale entre conquérir et battre en retraite. Les huit portes et techniques, « Ba fa », s’accordent et se complètent à l’unisson.

En premier « tsai » encore, qui ponctue les rotations.

Puis « lié » qui déstructure et brise, et « dzo - kao » qui s’avancent en duo, à la conquête, brisent et bousculent.

Leurs alter égos « « peng, lu, an » qui contiennent et battent en retraite ingénieusement, par deux fois, en pas sinueux, devant l’invasion.

Enfin « dji » qui conclut et scelle, conjuguant les qualités de « peng et an » .

La dernière embrasse le tigre et le re-conduit à la montagne « Bao hu gui shan »!

Elle retourne à l’origine comme le livre que l’on referme pour se retrouver soi même.

Dans un tout qui unit l’intérieur et l’extérieur, l’espace délimité se libère.

Apparaît « Wuji » la plénitude sereine.

La perle des perles !

Treize portes ouvertes l’une après l’autre, dans les orients de l’espace.

Peut être n’allez vous plus les parcourir comme avant ...

Christian Bernapel

31 décembre 2014

www.inpact-taiji.com

Écrit par admin Le 11.01.2015 à 22:25'28

admin

Éditorial

Éditorial de rentrée 2014

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Texte en attente de Christian.

Écrit par admin Le 28.08.2014 à 22:11'15

inpact

Éditorial

Hommage à Don Klein

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"Don Klein a porté pendant de nombreuses années la revue américaine et le site Internet du Yangjia Michuan Taiji quan aux USA : http://aymta.org/
Une personnalité rare, un compagnon et ami respecté sur le chemin du Tao."


Image introuvable


Hi Don !

Si je devais citer l'exemple d'un taoïste des temps modernes, ce serait Don Klein.

Personnage énigmatique, parfois étrange, chaleureux, rugueux et doux comme un bois flotté, si attachant, "naturel" dans l'instant de lui-même, toujours prêt à combattre pour la cause et à lâcher prise sur la futilité.

Ma dernière image est celle de mon chat ronronnant sur ses genoux et lui, assoupi dans sa barbe, les paroles de Tchouang Tseu dans sa main abandonnée, comme l’épée suspendue dans son poids.

Un sage innocent et en paix!

Cher Don : tu rejoins le panthéon des Immortels dans les cœurs de ceux qui appréciaient ta richesse.

Aux côtés de Kate ...

Jiang Cheng Zhen

Christian bernapel

Écrit par inpact Le 11.12.2013 à 23:02'22
Modifié par inpact Le 12.12.2013 à 11:18'59

admin

Éditorial

Rentrée 2013 - Les 30 ans de l'Inpact

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L'INPACT a 30 ans !

Rentrée 1983, rentrée 2013 ; l'INPACT fête cette année 30 années d'existence et de partages ! Créé pour transmettre l'enseignement du « Yangjia Michuan Taiji quan » - la tradition secrète de l’école Yang de Taiji quan, transmise par Maître Wang Yen-Nien, qui fêterait en décembre ses 100 ans, l'INPACT a été un creuset permettant l'émergence de plus de 20 enseignants et l’accueil de milliers de pratiquants en quête d'eux-mêmes et de partage du groupe social de l'association. Et aujourd’hui émerge déjà la génération des « petits-enfants », issus des premiers enseignants de l’INPACT !

Célébrer un anniversaire est, au-delà du simple rite, l'occasion de porter un regard sur nos origines et de préserver la conscience de la chance inouïe que nous avons eu de côtoyer et de bénéficier de l'enseignement d'un maître qui a vécu à la fois l’époque ancienne et moderne de la Chine. Par son humanité et sa capacité d’adaptation aux terribles événements historiques qui ont secoué l’« Empire du Milieu », à l’articulation d’un monde ancien et nouveau, Maître Wang a été le témoin et l’acteur talentueux et infatigable de la préservation de l’enseignement du Yangjia Michuan Taiji quan. Son esprit d’ouverture vers le monde occidental a permis cette rencontre, à l’occasion de son premier voyage en France, pendant un stage qui s’est déroulé à Strasbourg à l’automne 1981 sur l’invitation de M. Habersetzer.

C’est ainsi que je rends hommage à mon maître de karaté sans qui l’INPACT n’aurait pas vu le jour : Roland Habersetzer, dont j’ai été l'élève et l’un des assistants pendant près de 18 années avant de décider de prendre la voie du Taiji. Un hommage aussi à Charles Li (Li Zheng-yi) élève talentueux de Maître Wang et chercheur infatigable dans les disciplines martiales, énergétiques et spirituelles de son pays d’origine. Charles a accompagné de son allant et de sa gentillesse légendaires le développement premier de l’association et lui a donné une impulsion intarissable. Je n’oublie pas Georges Charles qui, à la veille des années 80, nous a initié à l’intérêt de la Chine et de ses mystères, avec son regard gouailleur et acéré, imprégné d’humour et de connaissances encyclopédiques sinologiques à la « française ». En acceptant d’être mon précieux coauteur, il a permis l’édition d’un livre dédié aux « treize postures », référentes de toutes les écoles de Taiji quan. J'ai enfin une pensée reconnaissante pour tous ceux qui ont offert leur temps et leurs talents à la vie et à l’épanouissement de l'association.

Nous avons le privilège de pratiquer une école de Taiji quan qui puise autant ses sources dans la tradition ancienne de la Chine qu’aux racines les plus traditionnelles de l’école Yang conçues par Yang Luchan, son créateur réputé. Son nom un peu étrange : Yangjia Michuan Taiji quan - « tradition secrète de l’école Yang de Taiji quan » pourrait faire croire à une approche ésotérique et cachée du Taiji quan ! Même si la nécessité historique de ne pas livrer les caractéristiques spécifiques de l’école aux mandchous qui tenaient le pouvoir du temps de Yang Luchan, le terme « secret » n’a plus aujourd’hui le même sens, si ce n’est dans la constance de la pratique et les nécessaires ouvertures de l’esprit et du corps qui en permettent l’accès.

Je suis particulièrement attaché à cette dénomination traditionnelle de notre école car elle nous relie sans ambiguïté à nos origines et nous situe clairement au titre de la sixième génération de sa transmission.

Maître Wang nous a transmis la richesse d’une école traditionnelle complète par l’existence des deux formes (que chacun peut remplir à sa façon !). L’une appelée des « treize postures » fondatrices du Taiji quan : Shisan Shi, qui synthétise les principes spécifiques et uniques de notre école ; l’autre, longue (plus d’une heure) véritable encyclopédie des séquences du Yangjia Michuan. Le sens et la compréhension des séquences de la forme sont éclairés par le Tui shou et 15 exercices de synthèse judicieusement construits qui apportent un pragmatisme à la pratique à deux, ainsi que l’ouverture à la dimension de l’autre, qui distingue le Taiji quan d’une technique méditative ou d’exercices de santé et de bien être qui ne sont tournés que vers le développement personnel. Deux formes d’épée, l’arme emblématique du Taiji « Taiji Jian », l’une ancienne, l’autre plus récente, ainsi qu’une forme d’éventail « Taiji Shan », qui s’inspire des mouvements de l’épée, et une forme ancienne de perche qui nous plonge au plus profond de notre énergie vitale, font partie du cursus de l’école. Enfin, le Neigong, pratique respiratoire et méditative qui se place au cœur du système énergétique du Taiji quan du Yangjia Michuan, qui permet d’engager le chemin de la profondeur de l’être sur la voie universelle du Tao.

N’est-il pas d’usage de porter un cadeau pour un anniversaire ?

Je vous propose la traduction d’un entretien remarquable et inédit en Français, de Maître Wang réalisé il y a longtemps par Anne Goudot, créatrice du site Internet de l’INPACT, et resté enfoui dans mes archives. Entretien qui permet d’approcher quelques aspects attachants de sa personnalité (cf. lien http://www.inpact-taiji.com/evolution/docsPublics/2013WYNMadison.pdf). Vous pourrez aussi accéder en primeur à un jeu de questions-réponses auquel je me suis livré, à la demande du bulletin de l’Amicale du Yangjia Michuan dont l’INPACT a été l’un des membre fondateur en 1989 (cf. lien http://www.inpact-taiji.com/evolution/docsPublics/20138Q8R.pdf). Cette réflexion retrace une partie de l’histoire qui nous a conduit à ce trentième anniversaire.

Et puis, nous aurons l’occasion de nous retrouver dans quelques moments festifs simples que la communauté de l’INPACT proposera dans le courant de l’année.

Heureuses lectures et…

BON ANNIVERSAIRE et LONGUE VIE
Au masque malicieux du dragon de l’INPACT !

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Écrit par admin Le 09.09.2013 à 11:38'28
Modifié par admin Le 09.09.2013 à 14:23'52

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