membres INPACT | Vendredi 20.10.2017 | 23:37

Deux questions de Don Klein

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Ces textes sont la réponse à deux questions posées par Don Klein, manager de la revue américaine de l’AYMTA, homologue de notre amicale européenne au comité de rédaction dont je fais partie. La première consistait à relater les parcours et expériences d’enseignement, la seconde traitait des points de blocage d’une progression et de la façon de les surmonter.

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Don Klein

Histoire d’un enseignement...

Lorsque j’ai commencé à enseigner le Taiji quan en 1983, j’avais déjà enseigné le Karaté depuis plus de 10 ans et mon expérience pédagogique en matière d’arts martiaux était déjà très éprouvée par 18 ans de pratique assidue et quelques années de compétition. Mais je fus confronté à une autre approche plus ronde que celle du karaté, carrée et violente…Mon adaptation à cette nouvelle matière fut aisée car elle correspondait à un tournant sur mon cheminement dans les arts martiaux et l’expérience nécessaire à un bon enseignement m’était déjà acquise. Je me lancais donc dans cette aventure le cœur ferme et léger.

Au début, ma matière d’enseignement du taiji quan était très réduite: les treize postures du Shi San Shi et les exercices de base du tuishou que j’avais appris lors de la première venue de maitre Wang en France en 1981 et que je peaufinais avec Charles Li, mon professeur et ami Chinois qui enseignait alors à Paris! Charles Li était l’un des anciens élèves de Maître Wang, frère de pratique de Serge Dreyer. J’eus tout de suite un grand succès puisque plus de 80 personnes s’inscrirent dès la première année à L’INPACT! L’Institut de Pratique des Arts Chinois Traditionnels que je créais cette année là.

Simplicité d’approche, pas de tui shou, de pratiques d’armes, je ne connaissais pas les applications des mouvements. L’enseignement se limitait donc à la transmission de la forme du Shi San Shi, des exercices de base en solo et à 2, mais surtout à la recherche de la sensation, du relachement, de la respiration, du calme. Ce fut d’ailleurs l’opportunité d’écrire mon livre sur l’enseignement « des treize portes ». Les élèves étaient heureux d’apprendre et le professeur heureux d’enseigner ! Pas de question parasite : tout le monde pratiquait avec bonheur et simplicité et les bases étaient apprises sans difficulté. Nous avions le temps d’apprendre, d’enseigner, de goûter la pratique, de progresser. De cette période je retiens aujourd’hui la simplicité de la matière, de l’enseignement, de la pédagogie et une grande intensité dans la pratique qui nous « portait » avec légèreté. Elle a éclairé toutes les années qui suivirent jusqu’à aujourd’hui.

Quelques années plus tard, en 1986, Maître Wang revint en France pour enseigner les applications détaillées des mouvements du 1er et du 2ème duan. Entre temps j’avais appris les 2ème et 3ème duan en compagnie de Charles Li dont je suivais l’enseignement avec assiduité. Tout cela s’enchainait l’un après l’autre dans la continuité des années.

Cependant, de cette seconde rencontre avec le Maître, je mis plus de 3 ans à me remettre car de spontanés et naturels, les mouvements de la forme devinrent « habités» de sens et de contraintes par les applications et il fallut les intégrer dans une autre dimension tout en retrouvant le spontané et la fluidité. Depuis ce temps, beaucoup se sont égarés, obsédés par la signification du mouvement et ont perdu définitivement la spontanéité du geste , sa fluidité et surtout sa continuité. La forme est devenue pour eux une succession de mouvements martiaux collés bout à bout sans continuité réelle, fixant ainsi le mental sur leur application parfois unique et non leur potentialité multiple. Seul le tui shou devenait leur espace de liberté, la forme n’en était qu’une pâle illustration. Le long fleuve ne coulait plus paisible et puissant et il se séparait en de nombreuses rivières sinueuses et cahotiques…sur les rives desquelles s’échangérent d’interminables et stériles discussions ! La fluidité et la confrontation harmonieuse du geste et des cœurs devenaient difficiles car tout avait été mis en présence en même temps : forme, application, énergie, tui shou, pédagogies, ….

Alors que la construction de la maison commence par les fondations et se termine par le toit pour protéger tous les éléments de confort et de bien être afin que l’on puisse y vivre avec bonheur et y accueillir famille et amis; forme et tuishou perdaient leur complémentarité indissociable d’outil de transformation et d’évolution personnelle et sociale.

De ce temps, je retiens aujourd’hui que la base d’un enseignement doit rester simple et abordable, étape par étape. Qu’il est important de ne pas se presser. Que de trop expliquer la raison des mouvements dès le début nuit à la clarté. Je n’enseigne donc pas les applications avant 2 ou 3 années de pratique : Je m’en sers néanmoins pour en faire apparaître le « sens ». Il me paraît essentiel, dans une première étape, de ne pas encombrer les esprits avec l’application du mouvement qui « fixe » le mental et rigidifie le geste. Alors qu’il s’agit de « libèrer » par l’écoute de la sensation. Par contre le « sens » doit être introduit dès la première leçon pour habiter le mouvement : flux entre intérieur et extérieur, relachement et extension ….Tout l’être y participe : l’intention, le soufle, le mouvement. L’usage en découle suivant l’objectif que l’on poursuit. Je ne confonds pas le « sens » (intention, sensation) et « l’usage » (martial , énergétique, méditatif, …) et l’explique. Parfois, dans un autre registre je préconise le mouvement rapide pour re-découvrir l’essence d’un mouvement, puis on le répète de la même façon lentement : cela fait retrouver le sens du mouvement et surtout découvrir son origine.

Quand j’observe la plupart des pratiquants, je suis étonné par le manque d’intention et d’expression. La pratique est floue et navigue entre art martial, méditation, maladresse, succession de gestes non liés par un mental trop présent (apprentisssage ou projection de l’application ) ou absent. Tous ces états se confondent souvent dans un galimatia !

J’ai donc pensé qu’il fallait utiliser des subterfuges ou d’autres moyens parallèles pour faire prendre conscience de cela et rendre la pratique belle et expressive et non hachée et ennuyeuse. C’est en rencontrant des artistes du théatre et de la voix que j’ai pensé introduire, par touches, ces aspects dans mon enseignement. Je me suis aperçu combien les élèves avaient de la difficulté à exprimer un sentiment, une intention simple (donner, recevoir, offrir, prendre, …) ou, simplement la voix dans le déroulement ou l’aboutissement d’un geste.

Nous avons la chance dans notre école d’utiliser la voix pour marquer le rythme de la respiration et du mouvement (tout en restant un guide de premier plan pour la respiration elle contient le geste dans un moule sonore et induit des déformations ce sera encore l’objet d’un autre article !). Le professeur l’utilise et l’élève est silencieux. Il a chaud, et le débutant a souvent froid ! Pourquoi ne pas inverser les rôles, parfois? Essayez, c’est étonnant et beau quand chacun développe son son, sa hauteur, sa tonalité, sa voyelle, son être. De plus, tout le monde se réchauffe. Quelle étonnante application du nei gong !

Les artistes de la voix et du théatre ont autant de difficultés à exprimer le geste que les « artistes martiaux » à exprimer la voix ou le geste théatral. En effet, leur propre système les emprisonne autant que le notre ! L’intérèt est de croiser les arts car ils s’éclairent réciproquement en rendant débutant dans un art, l’expert d’un autre, l’amenant ainsi à se remettre en question !

Alors, voilà ma réponse à la question de Don : rien n’est simple mais tout est facile ! L’enseignement est un éternel apprentissage. Le professeur n’est il pas l’élève de ses élèves J’ai parlé de moi en tant que professeur en devenir ! Combien de fois mes élèves furent mes maîtres !

Et cette histoire-là n’a pas de fin …

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Vous avez dit points de blocage !

Les points de blocage d’une progression sont ancrés autant chez l’enseignant que chez l’élève. Autant de possibilités que de pédagogies, de profils psychologiques, de morphologies différentes ! La pédagogie de l’enseignant est le reflet direct de son être, de ses qualités, de ses limites et de ses propres difficultés. Souvent, ces qualités ou ces limites sont transmises de « maître » à « élève » par transfert. Mais qui est le maître et qui est l’élève ?

Ceci milite en faveur du collège : autant de professeurs, autant d’élèves ! qui se mèlent et échangent leurs attentes, leurs enseignements. La multiplicité des pédagogies, des profils psychologiques, des morphologies, des interprétations permet à chacun d’y trouver son compte: écouter, comparer, réfléchir, éprouver .

Pourtant, un « bon professeur » reste indispensable pour éveiller la conscience.

Alors, si j’étais élève, je choisirai avec la plus grande attention mon professeur. Je m’assurerai que sa pédagogie et sa présence me conviennent. Puis, je l’écouterai avec attention et passion pour apprendre en copiant, sans réfléchir en lui faisant confiance. Je me mettrai à éprouver les sensations en moi même et à les écouter pour laisser émerger mon propre être. Si ce professeur respecte ma liberté (ce en quoi je lui ai accordé ma confiance) tout en m’apportant un soutien bienveillant, je pourrai découvrir et développer mes qualités propres et mieux identifier mes limites. La matière qu’il m’aura transmise pourra devenir un véritable outil de transformation et d’évolution dont je suis le maître. Alors, je prendrai la route pour rencontrer les autres professeurs et mes frères et sœurs de pratique qui éclaireront les facettes qui me seront restées obscures.

Retournons aux textes fondateurs et universels du taijiquan :

« collez, liez, adhérez, suivez sans jamais perdre le contact ni vous opposer ».

Voilà les points à délier s’ils étaient noués.

Et méditons le chant des treize mouvements :

« …tes premiers pas seront guidés par un maître,

n’interromps pas ta pratique, exerce-toi toi-même.

Du mouvement et de ses applications, qu’est ce qui est le plus important ?

Vient en premier l’empereur, l’énergie spirituelle : l’intention,

Puis le ministre : le corps.

Réfléchissons ! quelle est la finalité de ces principes ?

Prolonger la vie en maintenant une bonne santé et ne pas vieillir !

Chante, chante les cent caractères !

Chaque mot est vrai et précis … »

Que dire de plus ?

Et bien ! Chantez maintenant !

Christian Bernapel .

Commentaires et réactions des internautes

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le 25.10.2012 à 04:39'40

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Écrit par ASDF,
le 14.09.2012 à 04:38'15

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Écrit par KftMwcDsByD,
le 07.01.2012 à 18:30'25

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Vendredi 20.10.2017 - 23:37 | 1 connecté | 81929 visiteurs | Mise à jour le 20.10.2017
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